Special Entrepreneurship Programme


Relance et restructuration de l'élevage de porc
Création d'une collection de meubles de style Compagnie des Indes
Professionnalisation et développement de l'artisanat
Revalorisation, relance et développement des métiers d'art
Soutien financier à la création de micro-entreprises et au développement des PME
Empowerment socio-économique des handicapés

Relance et restructuration de l'élevage de porc


Dans le sillage de l'épidémie de fièvre porcine qui avait décimé le cheptel mauricien fin 2007 (lequel avait alors chuté de 17 000 à 4000 bêtes), un Pig Sector Restructuring Committee (PSRC) a été mis en place. Cette instance est composée des parties prenantes du secteur ainsi que de délégués d'éleveurs. Sa mission consiste à élaborer un plan de relance de l'élevage porcin sur une base plus professionnelle. Ce plan est doté d'un budget de Rs 200 millions (excluant les prêts octroyés par la DBM aux éleveurs). En mars 2010, le volume du cheptel porcin à Maurice a dépassé celui d'avant l'épidémie de 2007 en dépassant les 19300 têtes. Ce résultat illustre l'impact positif des mesures prises en réaction à l'épidémie de 2007 et vient conforter les espoirs placés dans les développements à venir de cette filière.

Le PSRC coordonne et supervise les mesures suivantes :

  • Recensement : L'AREU et les services vétérinaires, parties prenantes de ce programme, ont effectué un recensement complet qui a permis de dénombrer 627 éleveurs à travers le pays, dont 410 actifs (chiffres à fin juin 2009). Cette campagne fut également l'occasion d'étiqueter chaque animal et de lancer ainsi les prémisses d'une démarche de traçabilité de la viande, gage de sécurité et de qualité des produits consommés.

  • Recomposition du cheptel : le PSRC a financé l'importation d'Afrique du Sud de 3420 porcs, dont 3000 porcelets, 400 truies et 20 verrats, pour un coût total de Rs 13,7 millions. La vente de ces animaux à quelques 68 éleveurs exerçant à St-Martin et Bassin-Requin, à l'aide de prêts aidés (via la DBM) et à des coûts préférentiels, a rapporté Rs 9,77 millions.

  • Regroupement des éleveurs : L'un des objectifs est d'éliminer l'élevage clandestin, notamment source d'insécurité en cas de maladies du bétail. Le gouvernement a mis 30 arpents de terrains à St-Martin à la disposition de ces éleveurs, issus des régions d'Albion, Roches-Bois et Bassin Carré. 140 lots de 20 perches chacun ont ainsi été proposés. 122 éleveurs ont accepté cette offre, et certains ont ainsi commencé à construire leur exploitation à l'aide de prêts souscrits auprès de la DBM. 14 autres ont préféré cesser l'élevage de porc au profit d'autres types d'élevage. Ces derniers se sont vus offrir 1 arpent chacun à cet effet dans la région de Bon-Bois.

    Les éleveurs spécialisés dans l'activité d'engraissage ont été regroupés à Bassin-Requin (près de Belle-Mare) et à St-Martin. Des travaux d'infrastructures restent à finaliser à St-Martin, notamment pour construire les routes qui desserviront les 140 lots d'éleveurs, installer les réseaux d'électricité et d'eau courante et, enfin, mettre en place un système moderne de traitement des déchets.

  • Des prêts, financés par la NEF et accordés par la DBM, ont étés alloués à quelques 372 éleveurs pour un montant total de Rs 145 millions pour l'amélioration des unités d'élevage, l'achat d'animaux et de nourriture.

  • Modernisation et professionnalisation : Les éleveurs ont été à plusieurs reprises sensibilisés et formés au respect de normes bio sanitaires plus strictes et conformes aux impératifs de santé publique.

    Le gouvernement chinois a apporté sa contribution au programme, à hauteur de Rs 8,7 millions, en mettant à disposition 7 experts, missionnés depuis février 2009 pour une durée de 12 mois. Ce soutien prend également la forme d'une aide à la fourniture d'un PCR, équipement permettant de réaliser des tests d'analyse afin de détecter la présence de la fièvre porcine. Ce dispositif permet d'éviter l'envoi couteux d'échantillons en Afrique du Sud à des fins d'analyses.

    La FAO contribue à cette même démarche, en finançant à hauteur de Rs 9 millions le matériel de ce PCR, la formation des techniciens de laboratoire et la formation des éleveurs.

    Reste à mettre en place 6 fermes de reproduction, sur des terrains déjà alloués à des éleveurs. Ces derniers se sont vu accorder une aide de Rs 1 million pour l'achat des matériaux de construction, ainsi qu'un don d'une centaine d'animaux de reproduction qui seront importées ultérieurement.

  • Formation et diversification : Des formations en charcuterie ont été financées à l'attention de deux groupes d'une vingtaine d'éleveurs chacun. Dispensées à l'Ecole Hôtelière Sir Gaëtan Duval (à Ebène), ces formations étalées sur une dizaine de semaines visent à encourager les éleveurs qui le souhaitent à diversifier leurs savoir-faire et leurs sources de revenus en proposant des produits à valeur ajoutée. Certains d'entre eux ont d'ores et déjà ouvert leur propre magasin de charcuterie fine.

  • Institutionnalisation de la filière : Un Pork Producers Council (PPC) est institué. Il a vocation à agir en tant que porte-parole de la communauté des éleveurs de porc à Maurice et gardien de ses intérêts, et à réglementer la conduite de la profession.

  • Reconquérir le marché : Après négociations, les opérateurs de transformation de viande de porc à Maurice sont disposés à utiliser 50 % de viande produite localement dans leurs activités.
    Avant 2007, ce chiffre était à 45 %. L'objectif est désormais d'amener ce chiffre à 55 %.


Création d'une collection de meubles de style Compagnie des Indes


Les professionnels de l'ébénisterie traditionnelle à Maurice ne peuvent faire face à l'importation, à des prix défiant toute concurrence, de meubles standardisés et montés à la chaîne. En revanche, ils ont une carte maîtresse à jouer dans leur domaine d'excellence : la fabrication artisanale et sur mesures de meubles de style colonial faits main, autrement dits de style Compagnie des Indes. Bon nombre de ces artisans disposent d'un savoir-faire unique, rare et précieux. Un savoir-faire cependant menacé d'extinction, du fait de l'âge relativement avancé de la plupart d'entre eux et de l'absence de main d'oeuvre pour prendre le relai. C'est dans ce contexte que la NEF a mis sur pied un projet visant à donner un nouveau souffle à ce secteur, en lançant la création d'une collection de meubles de style Compagnie des Indes.

Véritables ouvrages d'art, ces meubles en bois massif, dont le style véhicule l'histoire culturelle de Maurice, constituent de nos jours des produits à très forte valeur ajoutée susceptibles d'intéresser une clientèle haut de gamme. C'est donc naturellement vers le secteur niche du mobilier de luxe que s'oriente la promotion de ces meubles.

Le travail entrepris a d'abord consisté à identifier et à sélectionner des modèles de mobiliers existants susceptibles d'attirer les faveurs du marché ciblé. Ces mêmes modèles ont ensuite étés reproduits par une dizaine d'artisans, sélectionnés pour la qualité de leur travail suite à un recensement à travers le pays. Chaque meuble est un objet unique qui nécessite des heures de travail et une parfaite maîtrise du métier d'ébéniste. En parallèle, la NEF recherche des apprentis pour assurer la transmission des savoir-faire.
Une campagne de marketing internationale, mise en place afin de promouvoir la collection en Europe et à Maurice, a débuté par l'organisation d'une exposition vente en novembre 2009 à la maison Eurêka. Télécharger le catalogue
Une partie de ce mobilier est présenté au sein du pavillon mauricien de l'Exposition Universelle de Shanghai 2010.


Professionnalisation et développement de l'artisanat


L'artisanat mauricien dispose d'un potentiel de développement considérable mais sous-exploité. A ce jour, près de 90% de l'artisanat vendu à Maurice est importé, alors que la renommée de Maurice en tant que destination touristique mondialement réputée n'est plus à faire.
Dans ce contexte qui concerne aussi bien Maurice que Rodrigues, la NEF propose un appui technique à diverses filières, à savoir :
A Maurice : la bijouterie, la confection de costumes sur mesure et d'autres produits destinés au marché touristique.
A Rodrigues : la vannerie, le crochet, la broderie, la confection de chapeaux rodriguais.

Cette démarche vise à professionnaliser les filières concernées et à développer leurs capacités à innover et à commercialiser leurs produits. Elle se traduit par des formations et des soutiens financiers.

En parallèle, la NEF a initié un projet de grande envergure consistant en la construction de villages touristiques : des espaces de convivialité, implantés sur des lieux à forte activité touristique et destinés à mettre en valeur le savoir-faire et la créativité des artisans mauriciens auprès de la clientèle touristique. L'objectif est d'aider les producteurs d'artisanat mauricien qui ciblent une clientèle touristique à bénéficier des retombées de l'industrie touristique. La gestion du projet a été confiée à Tourist Village Company Ltd, une société indépendante créée à cet effet. Celle-ci se charge, entre autres, de sélectionner les artisans auxquels elle attribuera un espace. Un premier village, dont la construction a débuté en février 2009 à Belle-Mare, devrait ouvrir ses portes fin 2010. Un second village a été inauguré en mars 2010 dans la cour du musée naval de Mahébourg.

Revalorisation, relance et développement des métiers d'art


Certaines filières artisanales à forte valeur ajoutée font face à un manque important de main d'oeuvre et risquent de disparaître complètement à court ou moyen terme. Pour inverser cette tendance et assurer la relève d'artisans dont la plupart ont dépassé l'âge de la retraite, un programme de revalorisation, de relance et de développement de certains métiers d'art a été mis sur pied. Dans un premier temps, les spécialités concernées sont :

  • L'ébénisterie fine
  • La ferronnerie d'art
  • L'horlogerie mécanique et semi-mécanique
  • La taille et la sculpture de pierre

Les maîtres artisans qui le souhaitent, et qui ont étés identifiés suite à la diffusion d'une campagne d'information publique, peuvent assurer la formation de jeunes apprentis pendant au-moins deux ans moyennant une compensation financière de Rs. 12000 par mois. Des maîtres artisans européens, reconnus pour leur maîtrise dans leurs spécialités respectives, sont associés au projet afin d'assurer le mentoring des formations et le développement des techniques de production. Les apprentis, qui s'engagent par contrat à suivre leur formation à plein temps pendant les deux ans afin d'apprendre le métier, perçoivent chaque mois un stipend de Rs. 4500 par mois (puis Rs. 5000 par mois à partir du 7e mois).

Outre le fait d'assurer la relève de leur profession et la survie de leur savoir-faire, les artisans engagés dans ce projet peuvre aussi bénéficier de l'aide de leur(s) apprenti(s) dans leurs activités de production. Ces apprentis bénéficient de facilités pour l'acquisition de leur propre outillage.

Soutien financier à la création de micro-entreprises et au développement des PME








En savoir plus :

DBM (Development Bank of Mauritius)
Hotline : 210 0587
Tel : 203 3600
Website : http://www.dbm.mu

Empowerment socio-économique des handicapés



Face aux difficultés qu'éprouvent souvent les personnes handicapées à obtenir des emplois qualifiés et valorisants, un projet pilote de formation professionnelle a été mis en place à leur attention afin de développer leur employabilité.

Au coeur de ce projet : un accord de partenariat signé en février 2010 par la NEF et la JSS Polytechnic for the Differently Abled (JSS PDA), un institut de formation établi à Mysore (Inde) qui a développé depuis une vingtaine d'années un centre de formation professionnelle et technique spécialement dédié aux handicapés. Dans le cadre de cet accord, un projet de formation se met en place à Maurice, visant à développer les compétences et l'aptitude des handicapés à exercer des métiers plus valorisants, et donc mieux rémunérés, que les métiers auxquels ils se consacrent habituellement (artisanat, travaux manuels, etc.). Dans un premier temps le projet se concentre sur les métiers du BPO.

En premier lieu, la JSS Academy a offert deux bourses d'études à deux jeunes handicapés mauriciens qui suivent, depuis fin juillet 2010, une formation professionnelle d'un an à la JSS Academy à Mysore (Inde) : l'un en informatique pour malvoyants, et l'autre en dessin technique et industriel. La NEF prend en charge les frais de voyage et leur assure un stipend mensuel pendant la durée de la formation. Comme dans tous ses projets, la NEF prend le soin de rechercher un débouché professionnel à l'issue de la formation de ces deux boursiers, notamment dans le domaine du BPO et de l'architecture.

En second lieu, une formation aux métiers du BPO et du dessin technique et industriel se met en place à Maurice, avec l'appui de la JSS Academy, à l'attention d'une quarantaine d'handicapés.